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Grünwald Venzolasca à vélo  

Melchior Schmid aurait-il pu s’imaginer que, passionné par la destinée de cette famille verrière, j’allais refaire à vélo, 342 ans plus tard, son itinéraire et celui de ses descendants directs, de la Forêt Noire jusqu’en Corse en passant sur chaque lieu verrier ? 9 verreries, 9 étapes, 1260 km et 193 ans d’histoire qui se terminent sur le territoire de Sorbo au sud de Bastia avec pour seuls témoins : un morceau de creuset et trois lettres… pour le moment.

Aspettami Corsica

 

Il est 8 h lorsque Carlo et Andréeje quitte Andrée et Carlo mes vaillants accompagnateurs, qui se sont levés à 4 h pour me conduire en Forêt Noire. Grünwald est à 913 m d’altitude et il fait 9 degrés ce 22 août 2004.

La 1 ère bosse me réchauffe et, peu de temps après, je retrouve déjà mes amis pour un chti café.

La descente sur Waldshut fait monter la moyenne et, vent dans le dos, j’arrive à la très jolie ville de Laufenburg où je traverse le Rhin.

Déjà Bâle approche, et je retrouve Andrée et Carlo à la Schweizerhalle pour manger mes sandwichs préparés par Agnès. On se sépare définitivement. Merci à toi Carlo qui luttes contre une indigestion mais gardes le sourire. Quelques coups de pédale pour remonter la Birse et me voilà vers 15 h 15 à Courroux au km 139.

 

23 août

Départ de Courroux La Cabordevers 8 h. Je m’arrête chez « Allemann Voyages », puis chez Erwin Noirat. Aux abords de St-Brais, je panique : plus de porte-monnaie. Après un coup de fil à Erwin, il me le rapporte : il était resté sur la remorque prête à partir ! Descente à Soubey où je croise Ernest Hutmacher qui doit probablement me prendre pour un folo après mes explications. Je fais des photos à Lobschez (JU) et traverse le Doubs à la passerelle des « 66 du Doubs ». Nouvelles photos sur le site de La Caborde (25), lieu qui a déclanché toutes mes recherches. Dîner chez Cachot à Goumois. Ragaillardi, je tourne le dos à la Suisse et monte à Charmauvillers, Damprichard, descends sur Morteau et arrive à Maison du Bois au km 128. Il fait très chaud et l’orage est annoncé

 

24 août

Il a plu et tonné toute la nuit et ça continue pour ne plus arrêter. Le vent contraire n’arrange rien, le tonnerre et la grêle se mettent de la partie. J’oublie Pontarlier l’absinthique, traverse Mouthe comme un zombie. A midi, il est minuit. A Chapelle des Bois (25), arrêt au magasin Cordier que je connais bien. Seuls deux petits pains au chocolat feront l’affaire, mes barres vitaminées me permettront d’arriver à bon port sans m’arrêter. Enfin ça descend sur Morez (39) et… ça remonte Aux Rousses 1082 m . Le temps se calme, je descends la Valserine jusqu’à Chézery (01). Il est 16 h lorsque j’arrive à l’Hôtel du Commerce, 122 km, 6 h de pluie. Lessivé, je fais quand même ma lessive, puis repos.

Au restaurant, je parle avec plusieurs personnes et prends de bons contacts pour revenir un jour, car c’est la seule verrerie où la halle de chauffe m’est inconnue. 19 h 58 il re-re-pleut. 21 h, ça continue, c’est égal, le bœuf braisé était excellent et demain est un autre jour.  

25 août

Départ de l’hôtel du Commerce vers 8 h 30. La descente vers BellDisoncheegarde se fait par beau temps, j’entre en Haute-Savoie. C’est un peu compliqué pour trouver la route de Villaz aux environs de Metz-Tessy, Pringy, mais ça passe et vers 12 h 15, en pleine bosse, je dis bonjour au fils de Monsieur Pellarin à Villaz . Ca continue de monter sec et il fait chaud, arrêt rapide à la verrerie de Disonche pour les photos témoins. Les bâtiments des verriers sont magnifiquement restaurés. Aux Fontaines, nouvel arrêt pour saluer le couple Col. Après une superbe descente, je remonte vers la verrerie de Thorens. C’est génial de voir tous les bâtiments qu’il reste de cette verrerie. Il y a du groisil partout. Hop au boulot : le col de Fleuries, La Roche sur Foron, Bonne. Je me retrouve sur une semi-autoroute interdite aux cyclistes, mais personne ne me klaxonne. Alors pour 2- 3 km, aidé par un super vent dans le dos, je fonce … en compagnie d’un autre cyclo. Dernière ligne droite et Thonon est en vue. Le compteur s’arrête au km 149, cumulés 538.

26 août

ThorensDépart de Thonon vers 9h 15, il a plu et il se remet à pleuvoir tout au long du lac Léman. Arrêt au Bouveret et à St-Maurice pour saluer mes anciennes clientes qui sont toutes les deux absentes. Dîner tout près de la verrerie de Pont-du-Trient où un gars me dit que l’on y trouve encore du groisil. Un p’tit bonjour à Carmela à Martigny, et j’attaque le Grand-St-Bernard sous la pluie et les pieds gelés qui vont vite se réchauffer. Pendant trois heures, je traîne mes bagages jusqu’à Bourg-St-Pierre. Altitude : 1650 m, km 107, cumulés 645. Il fait un temps de chien, l’Hôtel du Vieux Moulin va me remettre d’aplomb à coups de steak et de Goron.

27 août

Quel beau temps ce 27 août Col du Gr. St-Bernardpour grimper jusqu’au col du Grand-St-Bernard , altitude  2489 m. Une si longue descente est toujours bonne à prendre, car, après mon plat de pâtes à Aoste , un vent contraire à décorner les bœufs m’attend. Je pédale comme un dératé pour ne pas laisser le compteur descendre en dessous de 20 km/h, ce qu’il fait parfois à mon grand désespoir. Bon an mal an, la halte se fera à Chivasso, à l’Hôtel Europa, où le patron, qui fait du vélo depuis un mois, s’annonce très en forme. Il me montre sa bécane qu’il dit peser moins de 10 kg, alors qu’elle me semble avoir le poids de nos vélos militaires. Aussi bien lui ( 90 kg + ) que son vélo doivent encore perdre du poids pour me coller aux baskets. Un peu Marseillais sur les bords, il m’annonce 300 km pour Genova. Bon, à chaque jour suffit sa peine. Pour aujourd’hui, le compteur est bloqué au km 156.

28 août

Par un beau temps qui ne me quittera plus, je me dirige vers Casale. Toute cette plaine du Pô cultive le riz. Me revient en mémoire la très belle chanson des émondeuses d’Anna Novi Ligure Fausto CoppiIdentici : Amore mio non piangere. Après mon traditionnel plat de pâtes à Alessandria, la carte géographique indique qu’il me reste 85 km jusqu’à Gênes la Sérénissime, donc je ne m’attarde pas. Malheureusement, Novi Ligure, pays de Fausto Coppi, ne sera pas visité. Après un vent contraire dans les Apennins et la descente sur la mer, c’est Genova qui est en vue... Quelques frayeurs lorsque j’entre involontairement sur une quatre pistes, naturellement interdite aux cyclistes. Coups de klaxons, gestes négatifs mais pas antipathiques, ces cinq km seront ma seule angoisse sur tout le trajet, car il m’est impossible de faire machine arrière et il n’y a pas de bas-côtés. Il est 18 h 15 lorsque l’Hôtel Fiume m’accueille au km 175, cumulés 976.

Depuis là, je suis décontracté, car c’est peut-être ici qu’Alexis a pris le bateau. Moi, je penche pour Livourne, la ville où on retrouve son frère dans une verrerie, et le trajet est plus court pour la Corse. Au téléphone, Agnès me dit : « Alors tu prends le bateau ? ». Non ma chère, domani lungo mare.

29 août

Tu parles d’un « lungo mare »! Quelle galère jusqu’à Sestri Levante, ça n’arrête pas de monter et descendre. A midi, j’ai perdu tellement de forces en raison du petit repas d’hier soir et des deux panini avec un café de ce matin que je dîne un peu mieux et plus longtemps : insalata mista, penne al pomodoro, birra, caffè. J’attaque il passo del Braco, 613 m de dénivelé. On m’a dit que de là, il ne reste que de la descente, tu parles ! A La Spezia, le compteur marque 114 km, c’est la journée la plus casse-pattes de tout le trajet. Comme dirait la Balasko :  « J’en peux plus ».

30 août

De La Spezia à LivourneEglise San Jacopo, plus plat tu meurs. J’ai eu le plaisir de bavarder durant 20 km avec un cyclo le long de la mer, qu’on ne voit presque jamais jusqu’à Viaréggio. Est-il possible de manger de meilleurs antipasti que ceux dégustés à Magliarino Pisano au ristorante Tre Ruote? Les avances des belles dans les bosquets bordant la route seront timidement refusées. Ah ! cette morale judéo-chrétienne ! Il est 14 h lorsque mon parcours continental se termine. A force de chercher, je trouve l’église où s’est remarié Joseph Schmid avec Petronilla Paci dans la paroisse de San Jacopo. Et dire qu’avec l’air marin, il fera son huitième enfant à soixante-huit ans … après en avoir eu dix avec sa première épouse Marie Moser. Discussion avec le curé de la paroisse qui ne m’apprend rien. Avec les détours dans la ville, le compteur s’arrête à 120 km lorsque le bateau, à 23 h 55, m’emmène en direction de Kallisté (la plus belle comme disaient les Grecs).

Arrivo Corsica

31 août

Il est 7 h lorsqueChez Martine et Michel j’arrive à Bastia pour la 21 ème fois. Quelle émotion de se retrouver sur la place St-Nicolas à manger les traditionnels croissants au chocolat dans les chaises en rotin, sans Agnès, ni Frédéric, ni Emmanuelle. Qui disait que partir c’est mourir un peu ? Allez Léon, la dernière verrerie t’attend. Il y a cinq mois, avec mes amis Charlotte et Marcel Jacquat, j’observais tous les oiseaux de l’étang de Biguglia. Maintenant, tête dans le guidon, seule la Canonica, église-cathédrale du 12 ème siècle, m’impose un petit arrêt avant d’arriver chez Fanfan Franceschi à Querciolo. On va directement sur la verrerie « sous la Venzolasca » sur le territoire de Sorbo. On ne trouvera rien, tellement le maquis est épais. Repas chez Jean-François à Vescovato, petit coucou chez Maurice, et j’arrive au moulin, chez Martine et Michel Jossen, des amis chez qui je vais depuis 1986. L’aventure se termine au kilomètre 1260.

1 er septembre

Madame d’Ulivo de Querciolo m’offre le seul témoin à ce jour trouvé sur la verrerie : un morceau de la voûte ou de creuset d’un four. Les archives de Bastia ne m’apprendront rien pour l’instant. Qu’es-tu devenu, Alexis ? Le 6 septembre, le ferry me ramène à Savone avec mes questions. Chantal, ma fille, m’attend pour le retour au pays. Ainsi, l’aventure des Schmid est terminée, la mienne aussi.

Léon Daucourt

Vers Savone

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